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La formation des compositeurs : pas de potion magique pour le succès

Lorsque l’on est musicien, passer de longues années au conservatoire est assez banal, surtout lorsqu’on veut en faire sa profession. Néanmoins, être autodidacte existe aussi. Les compositeurs n’échappent pas à ces règles complexes, dans la mesure où passer par toutes les étapes académiques ne feront pas forcément que l’on sera un bon compositeur et inversement, être autodidacte peut ouvrir le succès. Et puis il y a aussi ceux qu’on appelle les génies qui tout petits déjà, composaient. Voyons ensemble le parcours de quelques compositeurs. Continuer à lire

L’enfant génie

Lorsque l’on pense « enfant compositeur », le nom de Mozart vient immédiatement à l’esprit. Mozart fait partie de ces compositeurs pour qui la musique semble innée. Il était certes issu d’une famille de musiciens, son père, Léopold, jouait du violon et était compositeur et sa sœur chantait. Néanmoins, cela ne suffit pas à être un enfant génie. Et pourtant ce fut bien le cas pour le jeune Mozart et à 6 ans il avait déjà composé des menuets pour piano dont voici un exemple :

Donc, pas de formation spécifique ou du moins académique pour Mozart.

Un autre compositeur, moins grand public, répond aux caractéristiques d’enfant génie. Il s’agit du compositeur autrichien Erich Wolfgang Korngold. Encore jeune enfant il avait déjà composé et à 12 ans il compose un trio avec piano et un ballet. Le qualificatif de génie pour lui ne vient pas de n’importe qui, et pour cause, il vient de Gustav Mahler, compositeur autrichien post-romantique. Mais d’autres compositeurs ont aussi chanté les louanges du jeune Korngold, dont Jean Sibelius et Giacomo Puccini. Le fait qu’il montre des dispositions naturelles pour la musique ne l’a pas empêché de prendre des leçons. Il en a notamment reçu du compositeur Alexander von Zemlinsky qui au bout de 18 mois a estimé qu’il n’avait plus rien à lui apprendre. Quelques temps plus tard, alors que l’adolescent étudiait le contrepoint avec le pédagogue Hermann Graedener, Zemlinsky envoya à Korngold une lettre pleine d’humour : « Cher Erich, j’apprends que vous travaillez avec Graedener. Fait-il des progrès ? – A. von Z. ». Bien qu’il ait composé de la musique de concert, notamment un opéra intitulé La Ville Morte, il est essentiellement connu pour sa musique de film composée pour Hollywood et parmi les films pour lesquels il a travaillé, il y a le Robin des bois de 1938 dont voici un extrait de la bande originale :

La formation académique

Certains très grands compositeurs, heureusement, sont issus d’une formation tout à fait classique au conservatoire. Parmi eux, nous pouvons citer 3 compositeurs de chez nous, Hector Berlioz, Maurice Ravel et Camille Saint-Saëns, et le compositeur autrichien Anton Bruckner.

Les trois français sont passés par le Conservatoire de Paris. Et, pour aller plus loin, faisons un lien entre Ravel et Saint-Saëns : Saint-Saëns a eu comme élève Gabriel Fauré, autre compositeur français très renommé, qui a lui-même été professeur de Maurice Ravel ! Maurice Ravel est l’auteur du fameux Boléro, mais aussi de la fantaisie lyrique L’enfant et les sortilèges et c’est son orchestration des Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgsky qui est la plus jouée. Cette œuvre était à l’origine pour piano.

Bruckner, compositeur romantique autrichien connu pour sa musique religieuse mais surtout pour ses 9 symphonies, a étudié au conservatoire de Vienne, mais il a aussi étudié avec des professeurs en dehors, aussi bien avant qu’après. Il y a lui-même été professeur par la suite.

L’autodidacte

Et puis il y a les compositeurs pas spécialement précoces, qui ne sont pas des « enfants génies », mais qui apprennent seuls, comment, cela reste un mystère, et arrivés à l’âge de jeunes adultes, ils font preuve d’une grande maturité et maîtrise de l’art de la composition. Parmi eux, on peut citer George Gershwin et Richard Wagner. Ces deux compositeurs, qui sont parmi les plus grands que l’histoire de la musique ait eus n’ont eu aucune formation académique.

Wagner a grandi dans un environnement artistique et littéraire, mais plutôt orienté vers le théâtre et il n’a jamais vraiment reçu de cours. Cependant, autour de 18-20 ans, grâce à des œuvres pour piano ou sa symphonie, car oui, Wagner a écrit une symphonie, il a bien prouvé qu’il avait parfaitement intégré les styles musicaux de ses prédécesseurs, notamment Meyerbeer, Weber et bien sûr le très grand Beethoven. Moins de 10 ans plus tard, il avait déjà son style propre avec son opéra Le Vaisseau Fantôme… style qui allait encore bien évoluer par la suite !

Écoutons l’ouverture de cet opéra :

Gershwin, lui, appartenait à une famille modeste immigrée aux Etats-Unis à la toute fin du 19è siècle, peu de temps avant la naissance de son frère aîné 2 ans avant lui. Leurs parents décidèrent un jour d’acheter un piano pour son frère, devenu par la suite parolier, notamment le sien, mais ce fut le petit George qui en profita. Il savait déjà en jouer ! Sans que ses parents ne le sachent, le petit George allait régulièrement depuis un moment chez des voisins qui avaient un piano. Il a appris seul. Et nous savons ce que ça a donné : un des plus grands compositeurs du 20è siècle qui a écrit aussi bien de la musique pour Broadway (comédie musicale) que de la musique de concert (Rhapsody in Blue…). Dommage qu’il soit mort si jeune !

Tout ceci est bien la preuve qu’il n’y a pas de parcours magique pour accéder à la notoriété en tant que compositeur. Nous avions déjà abordé une notion similaire il y a quelques temps lorsque j’avais écrit sur le Prix de Rome. Nous avions en effet vu que des compositeurs qui allaient par la suite devenir des compositeurs de premier plan avaient échoué à ce concours et parmi eux, Maurice Ravel.

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