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La guitare moderne et le solfège

Qui n’a pas déjà été témoin d’un ami qui saisit vaillamment la guitare dans un coin du salon et entame Sympathy For The Devil, Layla, Wonderwall, bref un grand standard auquel chacun peut apporter sa voix ? Mais, outre un éventuel smartphone pour obtenir les paroles – posé en équilibre sur la cuisse et dont il faut régulièrement effleurer l’écran pour éviter qu’il ne se verrouille – ces troubadours ne réclament jamais une partition ! Comment diable est-ce possible ? Continuer à lire

Les grilles d’accords

Lorsqu’on se passe de partitions, il existe deux manières de noter la musique pour la guitare.

La première est de constituer des grilles d’accords. En premier lieu, on indique si le morceau est ternaire ou binaire, et combien de temps compte une mesure. Puis on indique si le morceau doit se jouer avec un capodastre et dans quelle case, et enfin quel est l’accord de chaque mesure du couplet et du refrain de la chanson. Par exemple, le début du couplet de House of The Rising Sun des Animals fera :

6/8
Am / C / D / F
Am / C / E / E

Alors oui, vous aurez quand même besoin de savoir au moins lire le rythme : ici, il faut compter 6 croches par mesure ; 6 indique le nombre de temps par mesure et 8 indique la nature de ces temps, des croches.

Et il est impératif d’apprendre les accords en lettre, c’est la manière anglo saxonne de les noter et vous ne les trouverez que de cette manière ! A pour La, B pour Si, C pour Do, D pour Ré, E pour Mi, F pour Fa, G pour Sol. Si la lettre est seule, il s’agit d’un accord majeur (A signifie La majeur), si elle est succédée d’un « m » c’est qu’il est mineur (Am pour La mineur).

Les tablatures

Très bien pour les accords, mais pour les mélodies ? On ne va tout de même pas jouer Stairway To Heaven avec une simple grille ! Il existe un système très particulier à la guitare pour transcrire les notes en détail : les tablatures. Il s’agit de dessiner les six cordes de la guitare, la première (et donc la plus aigüe) en haut, puis d’indiquer, de gauche à droite, le numéro de la case à jouer. Pour exemple, voici comment noter le riff de Where Is My Mind des Pixies :

e – – – 4 – – 4 – – 4 – – 4 – – 4 – – 4 – – – – – – – – – – –
B – 5 – – 5 – – 5 – – 5 – – 4 – – 4 – – 5 – – 5 – 4 – 5 – –
G – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
D – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
A – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
E – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Devant chaque ligne, on précise la note de la corde, au cas où l’accordage ne serait pas standard (Jimi Hendrix ou Kurt Cobain jouaient principalement un demi ton en dessous).

Les limites de ces notations

Aujourd’hui, vous trouverez presque tout ce que vous cherchez sur internet. La plupart du temps, les accords sont simplement écrits au dessus des paroles. Si vous connaissez les morceaux et les accords de base, c’est un exercice qui va bien vite.

Il y a néanmoins un majeur problème : il est quasiment impossible de jouer un morceau que vous n’avez jamais entendu. Vous ne saurez pas interpréter le rythme, ni l’accent, ni l’intention.

Sur une partition, il est clairement indiqué quelle est la longueur de la note, brève, longue, piquée, liée… Ici, rien ! Regardez la tablature écrite plus haut. Si vous connaissez la chanson, vous aurez une chance que cette tablature vous parle. Mais si elle était écrite en partition, vous n’auriez absolument pas besoin de l’avoir entendue auparavant.

Alors, ça ne sert à rien ? Pas du tout ! Pour commencer, rassurez vous, de nombreux musiciens ne savent pas lire la musique, ça ne les a pas empêché ni de composer des chansons ni d’écrire de sublimes arrangements. Chez les Beatles, Paul McCartney chantait ou jouait les parties qu’il voulait orchestrer à leur producteur George Martin qui les transcrivait en partitions. Jimmy Page, lui, enregistrait tous ses concerts et se repassait en boucle ses improvisations pour les reproduire et déceler les accroches de ses prochaines compositions.

Car c’est là toute la différence entre la musique depuis 100 ans et il y a 400 ans : on peut aujourd’hui écouter et réécouter encore et encore. Les grilles et tablatures sont certes limitées mais sont à considérer comme des soutiens de ce qui fait réellement de vous un musicien : votre oreille.

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