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La guitare électrique et les effets – 1ère partie

Du jour où le son de la guitare fut transformé, transcendé, par son électrification, différents traitements, parfois involontaires au départ, lui furent appliqués… Aujourd’hui on peine à concevoir ce que serait la guitare électrique sans effets. Notons que la plupart d’entre eux ne sont pas spécifiquement dédiés à la guitare : Il sera donc question d’autres instruments, puisque c’est d’histoire du son, et du traitement sonore, dont nous allons parler ici… Continuer à lire

La distorsion

Est-ce Dave Davies des Kinks, qui fut le premier dans l’histoire du rock, à saturer le son de sa guitare pour l’enregistrement de You Really Got Me, en détériorant le haut-parleur de son ampli ? Est-ce Paul Burlison, le guitariste du trio rockabilly de Johnny Burnette, qui l’a découvert accidentellement en cognant son ampli ? Ou est-ce Ike Turner qui peut se targuer d’être le premier, avec Rocket 88 datant de… 1951 et considéré comme le premier morceau rock n’roll de l’histoire ? Et que dire de ce Rumble de Link Wray, sorti en 1958, et qui, bien qu’instrumental, fut interdit d’antenne pour obscénité, celle-ci étant uniquement suggérée par un son de guitare dévastateur ?

Toutes ces légendes sont vraies, mais il serait difficile de trancher, de déterminer un initiateur… En tout cas, il est amusant de constater que le son de la guitare saturée, si emblématique de la musique rock des années 60 jusqu’à nos jours, fut, au tout départ, un son accidentel. Peut-être que la guitare électrique en elle-même, de par sa nature et son fonctionnement, se devait de prendre cette voie, celle du volume poussé à l’extrême, et de ce nouveau son, sale, suggestif, tellement en phase avec cette musique, son époque et ses aspirations.

Un son qui prendra bien des formes avec les années : le son sale et primitif de Link Wray ou des Kinks n’est pas comparable au son beaucoup plus sophistiqué qu’arboreront plus tard les guitaristes de métal, très différent de la distorsion de Purple Haze de Hendrix… Dont les bandes, alors fraîchement enregistrées, furent envoyées au mastering avec la mention : Distorsion délibérée. Ne corrigez pas.

Le tremolo

Le Bang Bang de Nancy Sinatra, l’intro de Vertiges de l’amour de Bashung, le Portishead de Glory Box ou de Sour Times, le thème de Twin Peaks… Quel que soit l’époque à laquelle il a été produit, ce son si caractéristique a le don de vous projeter en quelques notes dans un passé lointain et presque imaginaire, même si l’inconscient collectif le situerait aux alentours des années 50. Également prisé par les amateurs de Fender Rhodes, l’effet est basé sur une variation cyclique de volume, et fait partie des premiers effets intégrés aux amplis guitare, le Fender Twin Reverb notamment. Au même titre que la reverb, d’ailleurs… Mais nous y venons.

La reverb

Persistance d’un son dans un espace clos ou semi-clos après interruption de la source sonore. Voilà ce que le petit Larousse nous dit de la réverbération. Précisons que cette persistance, au départ, est le résultat d’un phénomène physique, car au commencement, la reverb fut naturelle… Quiconque a déjà claqué des doigts dans une cathédrale sait de quoi il en retourne. Mais qui dit son et espace physique dit reverb, et les caractéristiques de celle-ci entrent en considération dans l’acoustique d’une pièce… Car évidemment, elle ne sera pas la même partout. Ce qui fait de celle-ci une composante incontournable de la production musicale, qu’elle soit naturelle ou recréée artificiellement… Car, oui, des premières reverbs à ressorts aux simulations numériques d’aujourd’hui, de tous temps la technologie s’est mise en tête de recréer l’espace, voire de le créer, de l’accentuer.

Qu’en est-il de la guitare ? Si l’invention vient de Laurens Hammond et fut intégrée à l’orgue du même nom dés 1939, c’est en 1963 que les amplis guitare Fender furent équipés de reverbs à ressorts… et que l’effet devint indissociable de la surf music. The Shadows, Dick Dale ou encore The Trashmen en savent quelque chose.

Même si la bonne vieille reverb à ressorts gardera sa place sur les amplis guitare depuis cette époque, nombre de marques proposèrent des reverbs numériques dés les années 80, et l’histoire d’amour entre la guitare électrique et la reverb prit bien d’autres tournures avec les années. Les guitaristes amateurs de grands espaces furent tentés d’aller plus loin, en se tournant vers les delays et autres échos…

L’echo et le delay

Deux effets à ne pas confondre, puisque l’écho déforme le son (on pense à l’écho à bande, dont le son s’altère au fil des répétitions), alors que le delay le reproduit à l’identique.

Le reggae, entre autres, (et plus spécifiquement le dub, son cousin instrumental) saura tirer partie du son produit par ces antiques échos à bande, avec Lee Scratch Perry en guise de capitaine.

Difficile de ne pas penser à Pink Floyd, des expérimentations psychédéliques de 1966 à la guitare de Another Brick In the Wall part 1 en 1979, en passant par la basse de One Of These Days sur Meddle en 1974, où dans ces deux derniers cas, la répétition crée son propre rythme.

The Edge, sur les premiers albums de U2, poussera cette logique à son paroxysme et l’effet deviendra indissociable de son jeu, New Year’s Day ou Pride in the name of love, pour ne citer que les plus connus, en témoignent. dans un cas comme dans l’autre. Il est plutôt question de delay que d’écho ici, le son de la guitare épousant son reflet tel Narcisse et son miroir, les deux ne faisant plus qu’un…

Le phaser et le flanger

Réglé lentement, et appliqué à la batterie, qui s’y prête plutôt bien, c’est le psychédélisme de Just A Poke de Sweet Smoke (à partir de 23’28), ou encore Jimi Hendrix avec Bold As Love (à 2’52) en 1968… Hendrix qui, le jour ou son producteur Eddie Kramer lui a fait découvrir le phaser, se serait écrié que c’était le son qu’il avait dans la tête… Il est vrai que le phaser et le flanger s’appliquent plutôt bien au psychédélisme hallucinogène de la fin des sixties.

Mais The Cure, Dinosaur Jr, Sonic Youth, parmi tant d’autres, se chargeront de prouver que l’effet se prête plutôt bien aux atmosphères fiévreuses de la new wave des 80’s, puis à la fougue du rock indépendant américain des années 90.

Et tant d’autres choses encore …

A l’heure où cet article prend fin, beaucoup de questions, à la fois superficielles et cruciales, restent en suspens… Mais qu’est-ce donc que cette étrange pédale wah-wah ? A quoi sert un harmonizer ? Puisque les White Stripes étaient un duo guitare / batterie, la basse de Seven Nation Army était-elle vraiment une basse ? Pour produire des sonorités aussi étranges à la guitare, le guitariste de Rage Against The Machine, Tom Morello, vient-il d’une autre planète, ou a t-il quelques secrets palpables ? Quel est cet objet étrange en plastique noir que The Edge, de U2, approche parfois de ses cordes, comme pour les faire vibrer ? Et par quelle magie un effet conçu pour les synthétiseurs a t-il pu devenir prisé par les guitaristes à l’aube des années 80 ?
Ce flot de questions prouve bien qu’une 2ème partie s’impose… Affaire à suivre.

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