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Mon expérience de conservatoire : les avantages et inconvénients de la structure

L’éducation musicale en France, comme dans beaucoup de domaines d’enseignement, reste bien souvent élitiste. Avoir fait le conservatoire suscite toujours l’intérêt chez notre interlocuteur, qui s’empresse de nous féliciter pour notre statut de musicien “de marque”. Mais essayons d’aborder la question avec moins d’admiration et plus d’objectivité, et surtout de faire la part des choses concernant le “format conservatoire” afin de savoir à qui il convient. Continuer à lire

La balance entre la qualité, l’exigence et la passion

Le Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR), autrefois Conservatoire National de Région (CNR) est un cursus d’apprentissage exceptionnel, nous ne pouvons le nier. La pratique séparée et distincte du solfège et de l’instrument permet une progression garantie aussi bien en pratique qu’en théorie. Cette progression n’est bien entendu valable que si le travail personnel de l’élève représente du temps passé quotidiennement sur ces activités, en plus du temps de présence au conservatoire.

La pratique du solfège va crescendo en abordant des notions de plus en plus complexes mais elle va également devenir de plus en plus exigeante en terme de temps. Un cours de solfège par semaine, puis deux, dont les durées s’allongent au fil des années… viennent s’ajouter à une séance hebdomadaire pour l’instrument, qui, lui, sera encore plus gourmand de temps à la maison. Ainsi, après quelques années dans le cursus, l’élève en arrive rapidement à 1h de pratique quotidienne, puis 2h voire plus, durées qui deviennent très élastiques lors des préparations aux concours et passages de cycles. Ajoutez à cela les devoirs de l’école et les autres activités éventuelles de l’enfant, et il se retrouve vite face à un choix à faire : l’école + 1 activité extra-scolaire.

Le conservatoire est une école d’un sérieux certain et d’une qualité indéniable et il forme de très bons musiciens qui, par la suite, seront capables d’être très autonomes dans leur pratique post-conservatoire. Mais les sacrifices sont à prendre en compte aussi.

Un investissement personnel non-négligeable

En dehors de l’aspect très chronophage de cette méthode, il faut considérer des questions relevant de l’humain et du mental. Aussi qualiteux soit-il, l’apprentissage en conservatoire peut se trouver très anxiogène pour le jeune. Le stress des concours, la frustration de ne jouer qu’assez rarement avec ses camarades, l’exigence plus ou moins affirmée de ses professeurs ou la mentalité parfois ingrate et individualiste de ses camarades sont autant de facteurs qui peuvent sérieusement entacher la passion de l’enfant pour la musique et, de fait, lui annihiler l’envie de s’investir davantage dans ses études musicales.

Les élèves qui seront le moins en adéquation avec cet esprit inflexible et parfois impitoyable iront jusqu’à être dégoûtés de la musique, et ce pendant plusieurs années peut-être. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai quitté le conservatoire, comprenant que la prétention de la structure n’était plus de pousser les amateurs et passionnés à leur plus haut niveau de pratique mais plutôt à leur plus haut niveau de résistance.

Les professionnels et les amateurs

L’on préférait désormais former de futurs professionnels et prétendants au Conservatoire de Paris, naturelles bêtes de concours, au détriment de l’accompagnement du jeune qui souhaitait simplement progresser en accord avec la pratique amateur qu’il désirait poursuivre, même si ses qualités de musicien étaient manifestes.

J’ai ainsi arrêté le piano pendant 10 ans avant de reprendre mes gammes et me plaisant à jouer parfois des morceaux que j’avais encore “dans les doigts”, que les petits oiseaux venaient écouter à travers la fenêtre et qui me rappelaient pourquoi j’aimais la musique. Fut alors obligatoire de travailler à nouveau ma technique et mes capacités en déchiffrage afin de pouvoir – enfin ! – me faire plaisir sur un clavier.

Le conservatoire aura peut-être rendu stérile ma passion pendant 10 bonnes années, mais il m’aura tout de même offert la garantie de pouvoir reprendre le travail seule, en quasi-totale autonomie afin de retrouver un niveau correct, ou du moins qui soit assez satisfaisant pour jouer des oeuvres qui me font vibrer, que je choisis de jouer et qui me redonnent goût au travail afin de toujours valoriser ma maîtrise de l’instrument.

En somme

Comme conclusion à ce sujet, je vous dirai que le tout est de ne jamais adopter ou subir une attitude castratrice de la passion que vous éprouvez pour la musique. La passion amène avec elle la volonté de progresser et, donc, de travailler dur.

Le travail bien mené vous apportera, par la suite, la progression souhaitée et, de fait, la concrétisation de votre passion initiale. Ces trois étapes ne doivent jamais être isolées les unes des autres et leur relation doit toujours faire l’objet d’un juste dosage de chacune à la recherche de l’équilibre qui vous poussera vers le haut et tout cela, c’est votre professeur qui saura vous l’apporter dans votre vie d’élève.

Notre rôle est de vous accompagner dans cette démarche et cet engagement qu’est la volonté de maîtriser son instrument car, nous le savons bien, une fleur n’éclot jamais sous une tempête.

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