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Le programme de l’examen de piano 2020

Voici une présentation rapide des morceaux de piano par ordre de difficulté. Ce qu’on appelle technique pianistique est très large, ce n’est pas seulement bouger ses doigts avec agilité. Tout ce qui n’est pas assimilé dans une œuvre au sens large peut être considéré comme de la technique à acquérir. La technique est acquise quand elle est devenue une faculté. Chanter et chanter encore les mélodies (en jouant et sans jouer) évite bien des erreurs : c’est la clef du pianiste qui a la lourde tâche de transformer un instrument à percussion en instrument qui chante. Plus l’élève se reliera à l’esprit général de l’œuvre, plus son attention se portera sur la musique, mieux l’examen se passera. Le trac s’amenuise, voir disparaît, quand l’attention se dirige sur une intention. La fausse note ne sera pas jugée ! Continuer à lire

Madrigal Op.103 de Mel Bonis

Ce morceau demandera une attention toute particulière au phrasé qui doit être étudié dès les premières années. La main gauche est basée essentiellement sur deux noires liées dont la deuxième, enlevée, ne doit pas perturber la main droite qui déroule la mélodie. Avant d’arriver à la réexposition, un pont fait dialoguer les deux mains, où là aussi, l’indépendance sera de mise. Le rythme quant à lui est basé sur une pulsation régulière de noires, mais n’est pas synonyme de rigidité. Pour les premières années, le tempo pourra être un peu en-dessous du tempo indiqué Allegretto, l’essentiel est d’acquérir les principes de l’œuvre.

1 ère Sonatine Allegretto de Germaine Tailleferre

Deuxième œuvre du programme et deuxième femme compositrice de cette année. La musique de Tailleferre est raffinée et légère. Bien que cela ne soit pas indiqué sur la partition, l’élève pourra considérer une nuance pour chacune des mains : un mezzo forte pour la main droite et un piano pour la main gauche. Si l’élève a encore du mal, il pourra prendre conscience de l’aspect très chanté de la mélodie qui ne devra pas être écrasée par l’accompagnement. La précision et la clarté du rythme bien articulé (dès la première mesure, la croche puis deux doubles) doivent prévaloir sur la vitesse. Sans non plus traîner, le bon tempo est celui où tout sera net.

Final Pour les enfants de Alexandre Tansman

Une très belle pièce romantique et nostalgique qui mettra en valeur l’élève. Dans la première partie, la difficulté réside dans le fait de rendre la mélodie et l’accompagnement avec la main droite. Il s’agit de mettre du poids sur le « haut » de la main et de simplement poser le « bas » de la main sans à-coups. La mélodie doit être fluide et surtout pas coupée note à note. Dans la deuxième partie (3e et 4e ligne), ce sont les pouces de la main gauche qui prennent le relais de la mélodie : ne pas hésiter à bien les marquer (délicat mais pas timide !). Ne pas hésiter non plus à contraster le caractère des deux parties. Deux images peuvent aider : la courbe, l’aspect fluide pour la première partie, la droite pour la deuxième, l’aspect plus direct, plus volontaire.

Écossaise WoO 83 N° 1 de Ludwig Van Beethoven

Cette pièce est une danse qui met en évidence la forme couplet/refrain. Ne pas oublier de jouer le refrain au signe indiqué après chaque nouvelle partie. Pour marquer l’aspect populaire de l’œuvre, on pourra commencer le refrain (mesure n°9) un peu en-dessous du tempo, puis accélérer petit à petit, tout en gardant la nuance forte : il faut se représenter des mouvements de pieds bien marqués et ancrés fortement dans le sol. Sur certaines éditions le tempo indiqué est Allegro, sur d’autres, le tempo est absent. L’élève n’est pas obligé de « foncer », mais devra bien ressentir la dynamique et le contraste qui existe entre les différents mouvements (par ex. le 2e mouvement peut être beaucoup plus souple).

Valse Album des Six de Francis Poulenc

Cette valse en Do majeur est une page de gaîté et de fraîcheur. On doit s’amuser en écoutant cette musique, c’est une sorte de boîte à musique au rythme entêtant. Poulenc détestait les jeux maniérés : pas de rubato ! Il faut jouer avec pédale, mais en la changeant rapidement et précisément pour ne pas « noyer » le morceau qui doit être rester très clair.

Le Sapin de Jean Sibelius

Le magnifique thème doit ressortir comme un chant nostalgique se détachant d’un paysage enneigé. Tout l’accompagnement harmonique du thème est feutré à l’extrême, simplement soutenu par des basses profondes et bien posées. Dès la mesure n°3, l’élève pourra se servir légèrement de l’avant-bras pour bien scander chaque note du thème en prenant soin de ne pas laisser traîner la pédale. Toutes les parties plus rapides (introduction Stretto et la partie centrale Risoluto) ne sont pas à jouer arpégées mais bien articulées : libre mais pas bousculé.

Étude Op. 29 n°1 de Felix Blumenfeld

Les doigts vont travailler ! Mais les doigts seuls ne peuvent rien si la détente n’est pas là. C’est précisément la détente qui pourra être ici abordée comme véritable élément technique. Ne pas se fier au tempo de 100 à la blanche, mais plutôt penser à détendre le bras à chaque déplacement (dans le travail, bien se reposer entre chaque mesure). Quand la détente sera intégrée, on pourra progressivement monter le tempo et se lâcher con fuoco !

Arioso du concerto en Fa mineur de Jean-Sébastien Bach

Cette transcription pour piano seul du 5e concerto pour clavecin de Bach par le grand pianiste Alfred Cortot est un petit bijou que l’on peut travailler toute sa vie. Une fois que la partition sera apprise, que l’adhérence de la main droite sera solide, que l’harmonie sera assimilée, que faudra-t-il rechercher ? La question reste ouverte et très large. On peut s’imprégner de l’enregistrement d’Alfred Cortot : la grande difficulté est de se « vider », c’est-à-dire de ne pas vouloir de façon exagérée un chant trop artificiel, mais laisser le flux naturel du chant s’exprimer à travers soi. De toutes les façons, si cet idéal est encore trop loin, penser impérativement à la sérénité qui doit s’en dégager. Le calme est un élément technique en soi à intégrer, la musique en découle.

Consolation n°3 de Franz Liszt

Lento placido et Cantando : voilà qui résume la pièce entière ! Délicatesse et encore délicatesse, aucune note heurtée et transparence absolue comme dans du cristal… Le pianississimo (ppp) de la main gauche doit absolument être respecté. On attend de l’interprète de ne plus jouer seulement « propre », mais de penser l’art du piano avec poésie.

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