le blog

Retour à la liste des articles

La symphonie – histoire et panorama du genre

« La symphonie n°5 de Beethoven », « L’hymne à la joie tiré de la 9ème symphonie de Beethoven » … On aurait plein d’exemples de mentions du mot « symphonie », mais sait-on vraiment tous de quoi il s’agit ? Faisons un focus sur ce genre né vers le milieu du 18è et qui est toujours beaucoup abordé par les compositeurs actuels ! Continuer à lire

Un genre jeune

Contrairement à l’opéra ou le concerto, qui ont connu leurs débuts à l’époque baroque (1600-1750), le genre de la symphonie est né à l’époque classique. Ce dernier est donc jeune par rapport aux 2 autres. Au début du genre, ce sont Haydn (1732-1809) et Mozart (1756-1791) qui ont été les maîtres, à tel point, que la symphonie est devenue un genre musical phare de l’époque classique, sans effacer pour autant l’opéra et le concerto, qui sont des genres pour lesquels Mozart a beaucoup composé.

L’origine de la symphonie

La symphonie n’est pas née de rien. Tout vient toujours de quelque chose, ce sont des évolutions permanentes. Elle a pour origine ce qu’on appelle l’ouverture à l’italienne qui était en divisée en 3 grandes parties : une rapide, une lente, une rapide. Elle était très en vogue à l’époque baroque.

Voici un exemple d’ouverture à l’italienne : celle de l’opéra L’Olimpiade d’Antonio Vivaldi, le compositeur des fameuses 4 saisons.

Ces 3 parties sont devenues les 3 mouvements composant les premières symphonies, dont les 1ères de Haydn et Mozart. Assez rapidement, ces mouvements sont devenus les mouvements 1, 2 et 4 des symphonies. La symphonie est traditionnellement constituée de 4 mouvements. Comme 3ème mouvement, un menuet a été intercalé. Il est à l’origine une danse à 3 danses d’un tempo assez allant. Jusqu’à Beethoven, nous avons des menuets et à partir de lui, et cela fait partie des grands chamboulements qu’il a apportés à la musique, le scherzo s’est imposé. Ce dernier reste un mouvement à 3 temps, comme son prédécesseur, mais plus rapide et toute notion de « danse » est absente.

Je vous propose d’écouter un menuet de Haydn, puis un scherzo de Beethoven. Vous entendrez aisément la différence entre les 2 :

La tradition… et des exceptions

La structure traditionnelle de la symphonie est, nous l’avons évoqué plus haut, 4 mouvements. Ces mouvements étant organisés en rapide ; lent ; menuet/scherzo ; rapide. On appelle traditionnellement le dernier mouvement d’une symphonie, et aussi d’un concerto d’ailleurs, le Finale.

Mais toute règle a ses exceptions et la symphonie n’échappe pas à ces dernières.

Parmi les exceptions, nous trouvons par exemple l’inversion des mouvements 2 et 3. C’est-à-dire que le mouvement lent va être en 3ème position au lieu d’être en 2ème. C’est le cas par exemple avec la 9ème et dernière symphonie de Beethoven. Le 2ème mouvement est un scherzo :

Ceci n’est qu’un exemple d’inversion parmi d’autres.

Un autre aspect sur lequel il y a aussi de nombreuses exceptions, c’est sur le nombre de mouvements. Ainsi, dans sa symphonie dite Pastorale, Beethoven en a inclus 5, dans L’Inachevée de Schubert, qui porte bien son nom, il n’y en a que 2. Si ces 2 exceptions sont « volontaires », ce n’est pas le cas par exemple de la 9ème et dernière symphonie du compositeur romantique Anton Bruckner qui n’a que 3 mouvements, car le compositeur est décédé. Ceci n’était donc pas un choix artistique, contrairement aux 2 exemples précédents, mais je souhaitais ainsi mettre en avant le fait que les exceptions peuvent être des choix délibérés ou venir des hasards de la vie.

Mentionnons également la Symphonie avec orgue de Camille Saint-Saëns. En plus d’inclure un orgue, ce qui est pour le moins original, l’œuvre ne comporte que 2 mouvements.

De l’époque classique à aujourd’hui

Sur la première période du genre, 2 compositeurs sortent du lot : Haydn et Mozart, qui ont respectivement écrit 104 et 41 symphonies. Leurs premières ont d’ailleurs pour plusieurs d’entre-elles la caractéristique de n’avoir que 3 mouvements. Ne comptons pas celles-ci parmi les « exceptions », souvenons-nous plutôt que la symphonie vient de l’ouverture à l’italienne qui était en 3 parties. Il était donc logique que ces toutes premières soient proches de l’origine. Le menuet s’est cependant vite imposé dans les œuvres de ces compositeurs autrichiens.

Ensuite, nous avons Beethoven bien sûr, qui en a composé 9. Elles ont eu un poids énorme dans l’Histoire de musique, notamment la 9ème. Il est intéressant de préciser qu’il y a eu autant de temps, environ 12 ans, entre la 1ème et la 8èmeme symphonie, qu’entre la 8è et la 9ème ! Il a peu à peu faire grandir le genre en allongeant les œuvres (d’une quinzaine de minutes pour Haydn, nous en sommes à environ 1h10 pour la 9ème de Beethoven) et aussi en agrandissant l’orchestre !

En plein dans le romantisme, ouvert par Beethoven, des compositeurs tels que Dvorak, Bruckner ou encore Tchaïkovski, ont composé des symphonies. Respectivement 9, 9 et 6.

A l’aube du 20ème, Mahler, décédé en 1911, a composé 9 symphonies. Il avait commencé les esquisses d’une 10ème. Quant au plein 20ème siècle, nous avons notamment le compositeur russe Chostakovitch qui en a composé 15. J’aime particulièrement le Finale de sa 5ème :

Chostakovitch est le 1er à avoir composé plus de 9 symphonies depuis Beethoven et la « malédiction de la 9ème ». Il est en effet dit que la 9ème de Beethoven ayant été un tel bouleversement et un tel monument de la musique, qu’une malédiction a par la suite fait que les compositeurs ne pouvaient pas dépasser ce chiffre devenu fatidique ! Dvorak, Bruckner, Mahler, mentionnés plus haut, en sont des exemples frappants.

Tout ceci n’est bien sûr que coïncidence, mais c’est une « légende » très tenace, à tel point que Philip Glass, compositeur américain actuel, auteur de nombreuses musiques de films, opéras et aussi symphonies, a dit, lors d’une interview au moment de la création de sa 9ème symphonie, qu’il avait pensé et eu peur de cette « malédiction » au moment d’écrire cette œuvre. Heureusement pour lui, tout va bien, il en est aujourd’hui à sa 12ème symphonie et est toujours très actif à plus de 80 ans !

Pour conclure, nous pouvons préciser que malgré la présence de compositeurs tchèques, russes, français et américains dans ce genre musical, la symphonie reste un genre historiquement majoritairement germanique.

compositeur de musique histoire de la musique symphonie