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Le métronome, tictacomètre depuis 1812 !

Les shadoks l’ont rêvé, les humains l’on fait ! Et c’est à Amsterdam en 1812 que Dietrich Nikolaus Winkel inventa le premier métronome. Malheureusement pour lui, il ne prendra pas soin de déposer le brevet de son invention et c’est un certain Johann Nepomuk Maëlzel, inventeur et ingénieur bavarois, déjà célèbre pour avoir pris part au canular du turc mécanique censé être capable de jouer aux échecs, qui laissera son nom à la postérité avec le métronome de Maëlzel en 1815. Continuer à lire

Étienne Loulié (1654-1702)

Étienne Loulié invente en 1698 l’ancêtre du métronome, le « chronomètre de Loulié » basé
sur le pendule à secondes de Galilée, l’instrument apparait comme le seul capable d’indiquer avec fidélité le tempo.

Plusieurs physiciens européens chercheront tout au long du XVIIIe siècle à perfectionner le chronomètre de Loulié.

Tic tac or not tic tac, that is the question !

L’originalité majeure du métronome de Maëlzel réside dans le fait d’avoir ajouté le fameux tic tac, autrement dit un son régulier qui permet d’entendre le tempo. Peu de temps après, Maëlzel ajoute au métronome une échelle graduée et dépose un nouveau brevet en 1816 en Angleterre.

Rapidement, le métronome devient l’objet indispensable à toute pratique musicale et sera adopté par les plus grands compositeurs de l’époque dont Ludwig von Beethoven en personne qui dédie une œuvre symphonique à son ami Maëlzel – Wellingtons Sieg, op. 91 (1813) . Hector Berlioz fait référence au métronome dans son traité sur l’art de diriger l’orchestre en 1855.

On peut encore citer les compositeurs Cherubini, Méhul, Spontini, Paër, Boieldieu, Berton, Gossec, Persuis, Catel, Martini et Pleyel qui ont tous adopté le métronome.

Le métronome fera l’objet d’un débat théorique sur une pratique trop mécanique de la musique allant à l’encontre de la virtuosité de l’artiste et reléguant l’interprète au rang de simple exécutant de l’oeuvre.

Au cœur de la querelle déclenchée par les représentations de l’Otello de Rossini au Théâtre-Italien, le compositeur Henri Montan Berton, rédige trois articles (Beaux-Arts. De la musique mécanique et de la musique philosophique.) parus dans L’Abeille en 1821.

Berton répond là à Stendhal, qui voyait en lui le champion de la contre-révolution musicale.

L’homo métronomicus

De nos jours, la place du numérique dans la pratique musicale, que ce soit avec les logiciels de composition ou dans les studios d’enregistrement, ont rendu la pulsation isochrone quasi incontournable dans la majorité des cas.

Les musiques électroniques dans leurs processus de création réalisées uniquement sur des ordinateurs ou des machines électroniques telles que les boites à rythmes auront même fait disparaitre l’objet métronome pour ne garder que la notion de BPM qui signifie battement par minute.

http://www.metronome-en-ligne.com

I.A et H+, choisir la pilule rouge ou la bleue ?

L’avenir nous réserve certainement de drôles de surprises et même dans le domaine de la musique et de sa pratique ainsi que de son apprentissage.

Pour l’instant il semble que le numérique et les nouvelles technologies nous entrainent vers une direction toujours plus scientifique avec une attirance grandissante pour des objets et des programmes qui nous donnent l’illusion d’un meilleur contrôle et d’une plus grande précision dans nos pratiques musicales.

Mais gardons à l’esprit que la musique n’est pas un sport, mais un art, et que les principales valeurs du sport qui sont la performance et la compétition n’ont que peu d’importance dans l’art sans l’improvisation et la poésie.

Alors à vous de choisir: la pilule rouge ou la pilule bleue ?