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Le silence qui suit MOZART…

Ô privilège du génie ! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui.

Sacha GUITRY (1885-1957), in Toutes réflexions faites (1947)

Le 20 janvier 2014 s’est éteint l’un des meilleurs chefs d’orchestre du monde, l’italien Claudio ABBADO, qui fut aussi inspiré dans la musique classique (BEETHOVEN notamment) que romantique, ses interprétations de BRAHMS, BRUCKNER ou MAHLER ayant marqué des générations de mélomanes.

C’était aussi un maître de la musique symphonique moderne, comme le montrent par exemple de superbes enregistrements de RAVEL, ou plus récemment, de BERG — le Concerto pour violon «A la mémoire d’un ange» de ce dernier, avec la violoniste Isabelle FAUST, est l’un de ses derniers disques, et fut salué d’un ô combien mérité Diapason d’or.

Silence saisissant

Mais revenons au style classique de MOZART, et à ce fameux silence que Sacha GUITRY lui attribuait. Claudio ABBADO offrit il y a seulement quelques semaines au public un exemple saisissant de ce silence qui peut suivre un chef-d’œuvre comme le Requiem, et qui est encore «de la musique».

Durant de longues secondes, le temps est comme suspendu à la baguette du chef malade, qui sait sans doute qu’il dirige peut-être pour la dernière fois. Le public, ému et sidéré, n’osera pas interrompre ce long moment d’éternité, éternité dans laquelle le maestro a désormais rejoint MOZART.

Mozart