Étonnants instruments – le «gaffophone» électrique

Au secours, Gaston a encore frappé !

gaffophone

Copyright Daniel Potvin

Non content d’avoir déjà inventé le gaffophone et ses vibrations dévastatrices, voilà qu’il a maintenant l’idée «géniale» de l’électrifier !

C’est probablement la musique inouïe du groupe SUNN O))) qui se rapproche le plus de ce que pourrait être ce terrible instrument.

Maîtres du style drone metal, ces musiciens américains ont choisi, de manière symptomatique, de reprendre le nom d’une célèbre marque d’amplificateurs de guitares. Comme vous pouvez le voir sur la photo, le «O» et les parenthèses ne doivent pas être prononcés, car ils imitent le logo de la marque — ce dernier évoquant lui-même des ondes sonores prometteuses…

Amplificateur de marque Sunn O)))

Amplificateur de marque Sunn O)))

 

Mariage de l’ancien et du moderne

Le «gaffophone» électrique de Gaston allie technologie moderne et traditions très anciennes, en parodiant des instruments africains immémoriaux comme le Kamélé n’goni, sorte de luth de grande taille (jusqu’à 1m50) :

Un luth africain

Un luth africain

De même, le drone metal peut être vu comme le mariage détonnant de la technique du bourdon («drone» en anglais, note grave tenue durant tout ou partie d’un morceau), déjà utilisée dans les chants byzantins de l’Antiquité, et des sonorités intenses du metal poussées à un paroxysme rarement atteint avant eux.

Un minimalisme hypnotique

Ainsi, les morceaux de SUNN O))) comportent en général fort peu de notes, mais ces dernières sont prolongées très longtemps, à l’instar des bourdons byzantins. La lenteur extrême qui en résulte crée un effet hypnotique, et annihile quasiment toute perception mélodique ou rythmique. L’attention de l’auditeur se focalise alors sur le son lui-même, son que le groupe ne cesse de moduler et de «sculpter» en utilisant toutes les ressources des guitares électriques pour transformer le son metal en lave incandescente : distorsion, saturation, effet Larsen

Afin d’augmenter encore la puissance vibratoire de tous ces effets, ils accordent en général leurs guitares une quarte plus bas que l’accord normal, d’où un son encore plus lourd et grave. Si l’on ajoute enfin qu’ils n’hésitent pas, lors de leurs concerts, à monter le volume de leurs amplificateurs au maximum, il ne fait aucun doute que cette musique étrange est bel et bien capable de faire trembler les murs !

Voici Orthodox Caveman («homme des cavernes orthodoxe», peut-être une allusion à la musique byzantine citée plus haut ?), morceau publié en 2005, dont le son volcanique ne cesse de s’enrichir progressivement :

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