Êtes-vous du côté obscur de la Force (musicale) ?

Tandis que les fans de Star Wars attendent impatiemment la sortie sur les écrans de l’épisode VII de la saga (le 16 décembre), voici un petit clin d’œil musical au plus célèbre «space opera» de l’histoire du cinéma !

C’est en effet une évidence : que serait la Guerre des étoiles sans la musique composée depuis l’origine par John WILLIAMS ?

Auteur de nombreuses autres musiques de films célèbres, des Dents de la mer à Harry Potter en passant par Indiana Jones, Superman ou encore La liste de Schindler, le compositeur et chef d’orchestre américain a sans doute créé sa partition la plus ambitieuse pour l’épopée intergalactique imaginée par George LUCAS en 1977, et dont l’antépénultième épisode s’annonce grandiose, si l’on en juge par la bande-annonce spectaculaire qui vient d’être révélée au grand public afin de le faire patienter :

Une saga peut en cacher une autre — et peut-être même plusieurs !

Premier coup de maître : WILLIAMS tourne le dos à la mode des années 70, qui avaient quelque peu délaissé la tradition symphonique hollywoodienne des décennies précédentes, pour lui préférer des musiques de tendance jazz, rock ou funk. Pari risqué que ce retour à l’orchestre «classique» ! Mais pari magistralement tenu par ce musicien éclectique, capable d’écrire dans de nombreux styles, et particulièrement à l’aise dans l’écriture orchestrale héritée des grands compositeurs romantiques et modernes, de BRAHMS à CHOSTAKOVITCH et de DEBUSSY à PROKOFIEV.

Mais le véritable tour de force de cette musique de film, c’est d’oser s’inspirer de la plus grande fresque musicale jamais écrite en Occident : L’Anneau du Nibelung, la fameuse Tétralogie composée par Richard WAGNER de 1849 à 1876 ! Cycle de quatre opéras, cette œuvre gigantesque est en effet, toutes proportions gardées, la «Guerre des étoiles» du XIXe siècle, et trouve sa source au Moyen-Âge, dans la Chanson des Nibelungen, légende germanique du XIIIe siècle. Or, le cycle de LUCAS (censé comporter pas moins de neuf films lorsqu’il sera terminé), malgré l’aspect futuriste inhérent à la science-fiction, descend pareillement d’épopées médiévales : la légende anglo-saxonne Beowulf, par l’intermédiaire du Seigneur des anneaux de TOLKIEN (1955) — influence évidente de LUCAS — mais aussi la légende arthurienne, dont WAGNER tira lui aussi deux de ses plus beaux opéras, Tristan et Isolde en 1865 et Parsifal en 1882.

Vous vous y perdez un peu ? C’est pourtant très simple : toutes ces histoires ont en commun une lutte manichéenne entre le Bien et le Mal, des héros plus ou moins surnaturels (dieux, chevaliers, magiciennes, guerriers Jedi, walkyries…) et des objets magiques ou symboliques (Graal, Anneau, sabres laser, Table ronde…) ou encore des pouvoirs spirituels ambivalents, comme la fameuse Force de Star Wars.

Une géniale innovation

L’innovation maîtresse de WAGNER fut d’associer à chacun des personnages, des objets, des lieux et des sentiments essentiels de l’histoire un thème musical caractéristique, appelé leitmotiv. La Tétralogie est ainsi construite autour de 80 de ces thèmes, qui reviennent tout au long des quatre opéras, mais à chaque fois métamorphosés ou combinés selon les besoins de l’intrigue.

Cette technique de composition, magistralement mise en œuvre tout au long du Ring, permet au spectateur de ne pas se noyer complètement dans cet immense fleuve musical, et suscite au contraire une écoute active, l’oreille guettant les thèmes et tentant de les reconnaître.

Vous avez quinze heures devant vous ? Regardez donc cette playlist YouTube, qui contient toute la Tétralogie !

Mais si vous disposez de moins de temps, la créative troupe du PIANO AMBULANT a résumé pour vous ces quinze heures en moins de deux ! …heures (1h45 exactement). Voici un aperçu de ce «Ring de poche» très réussi, et qui comporte d’ailleurs un clin d’œil à Star Wars :

Toujours pas le temps ? Pas de problème ! Ce petit dessin animé fera l’affaire, et vous résumera toute l’épopée, ainsi que ses principaux thèmes musicaux, en moins de trois minutes ! (mais il vous faudra travailler un peu votre anglais)

Le leitmotiv modernisé à coup de laser

En tout cas, il était donc tentant pour un symphoniste surdoué comme WILLIAMS de reprendre à son compte la technique de composition de son illustre prédécesseur. Ainsi, en dehors du fameux thème principal (ou thème de Luke Skywalker, ici dirigé par l’auteur), il créa de nombreux leitmotivs : thèmes de la princesse Leia, de Yoda, de l’Empereur, de Dark Vador (la Marche impériale), ou encore de l’Amour (entre Leia et Han Solo), de la salle du Trône ou de la Force…

La vidéo suivante est très intéressante, car elle montre comment John WILLIAMS transforme le thème de la Force tout au long de la saga :

Le côté obscur du piano

Mais j’ai un scoop pour vous ! Saviez-vous que les stormtroopers (soldats de l’Empire galactique) jouaient du piano ?

Si vous voulez vous aussi jouer ce thème célèbre (mais sans forcément porter une lourde armure), vous pouvez essayer de l’apprendre en regardant cette autre vidéo «pédagogique» :

Mais attention ! Vous risquez fort de vous retrouver du côté obscur de l’apprentissage musical… Afin de rejoindre le côté lumineux de la Force (des doigts), je ne saurais trop vous conseiller de chercher un bon professeur, qui se fera une joie de devenir votre Obi-Wan Kenobi pianistique 😉

Qui sait ? À force de travail, peut-être parviendrez-vous à diriger un orchestre symphonique, comme le fait Dark Vador en personne dans cette vidéo ?

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